Apologies inutiles et petites lubies sans façon

Vie chronique

02 décembre 2006

Aérée

Le souffle qui s'échappe entre les lèvres, un froissement d'air à peine perceptible, un murmure délicat contre l'oreille. C'est presque rien. À peine la consistance d'un soupir. C'est tout ce qui reste. Je suis devenue une fuite d'air. Un battement de cil.

Même en rassemblant toutes mes forces, je ne pourrais prononcer que quelques mots. Alors il faut bien les choisir. Les réfléchir avec ce qui me reste de raison. Ou de déraison. Peut-être en m'approchant un peu plus près seront-ils mieux perçus. Entendus. Parce que tout compte fait, il est totalement inutile de parler plus fort quand on se répète. Mais il serait facile de se laisser berner par cette proximité. La distance est, le plus souvent, interne. Comme on tente de tromper sa solitude à l'aide d'une présence et que c'est à l'intérieur de celle-ci qu'on s'isole. Elles sont nombreuses ces illusions...

J'apprécie suffisamment les subtilités du langage pour qu'on n'ait pas à me faire un dessin. Et moi, j'ai choisi d'user de plus de finesse dans mes propos. Je me suis trop souvent enragée dans le passé, ça n'a jamais rien donné d'autre que de coincer les mots dans ma gorge. Je préfère me transformer en brise sereine. Un frôlement de vent sur la peau. Des mots chuchotés en courant d'air. Une frêle caresse prononcée : Je dois te quitter.

Si on s'oppose, je pourrai alors me dissoudre.

M'évaporer.


2006_12_0891



Posté par Apinpelusafac à 12:30 - Entre parenthèse - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ton billet m'interpelle, sans que je puisse exactement mettre le doigt sur ce qui m'y touche tant...

Il me trotte dans la tête, comme un visage qui semble familier, sans qu'on puisse se rappeler le lien...

Posté par Pourquoi moi?, 04 décembre 2006 à 23:52

Je pense que tu as de la chance de pouvoir apprécier les subtilités du langage sans avoir besoin qu'on te fasse un dessin. Moi je reste souvent dans le brouillard si les mots ne sont pas clair. J'ai peur d'interpreter à ma manière et donc de me tromper.
"Je dois te quitter.
Si on s'oppose, je pourrai alors me dissoudre.
M'évaporer."

Que signifie ce "je dois te quitter" ?
je vais "devoir" prendre une décision ? ou alors "je te" quitte ?
Moi je comprends je te quitte puisque tu dis ensuite "si on s'oppose, je pourrais alors me dissoudre.

Tu vois, pour moi un dessin serait plus parlant :-)

Posté par melodie, 11 décembre 2006 à 09:35

En fait Mélodie, ce genre de texte (de la catégorie «Entre parenthèse») n'est pas fait dans le but d'être scruté et décortiqué afin d'y trouver un sens précis, encore moins un message quelconque. Il m'arrive à l'occasion de me permettre de tout simplement écrire...
Peut-être que ces mots ne font pas de sens pour quelqu'un d'autre que moi. Peut-être que, comme pour «Pourquoi-moi?», cela ne fera que vaguement insuffler une image imprécise de quelque chose.
J'aime penser qu'il y a une certaine poésie dans le fait de ne pas vouloir faire du sens parfois :)

Et puis tu sais, ce sont mes petites lubies... je n'en ferai pas l'apologie ;)

Posté par apinpelusafac, 11 décembre 2006 à 09:59

je comprends mieux ainsi ta façon d'écrire. "Pour toi" en fait et je comprends aussi ce que tu dis quand tu parles d'une certaine poésie. Il est vrai que ce journal t'appartient, il est tien avant d'être "à nous" lecteurs. Tu y mets tes pensées du moment, qui ne sont peut-être pas les mêmes que celles que tu auras dans une heure, d'où parfois un zeste de mystère...
Ai-je bien saisie ?
En tout cas, Merci pour ta réponse.

Posté par Gourmande, 11 décembre 2006 à 20:45

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