31 mai 2007
Toujours
- Tu n'es toujours pas mariée toi?
C'est ce que mon acuponcteur m'a demandé pendant mon traitement, alors que j'avais quelque chose comme tout près de deux douzaines d'aiguilles plantées partout sur le corps. Comme si ce n'était pas suffisant d'être transformée en poupée vaudou! Impossible de fuir la torture. En plus, il souriait innocemment en me demandant ça (moment d'égarement? folie passagère peut-être?).
Car ceux qui me connaîssent savent très bien que j'ai toujours détesté ce genre de question. Et surtout celle-là.
Mon acuponcteur, lui, est marié depuis toujours. Et depuis le temps qu'on se connaît, je lui ai sans doute parlé de chacun de mes amoureux. Je ne dis pas que ses aiguilles guérissent les peines d'amour... mais son écoute, sa gentillesse, son empressement à vouloir soulager une émotivité trop intense a certainement contribué, parfois, à en revenir un peu plus efficacement.
Alors on va dire que ça l'intriguait que je n'aie pas parlé depuis un certain temps d'un tracas amoureux quelconque (donnons une chance au coureur, hein. Ou dans ce cas, au gars qui manipule les aiguilles).
Toujours pas mariée, non. Ça n'a jamais été pas dans mes plans et encore moins un but. Ni de m'accoter ou de me coupler. Ou de conjointer, m'unionner ou whatever qui suppose qu'on doit être deux. Je n'ai pas besoin ou envie de former un couple. C'est pas pour moi, sorry.
C'est-tu si bizarre que ça?
Le mois passé, c'est Jean-Paul qui me disait que c'était une infâmie (oui oui, c'est le mot qu'il a dit!) que je sois seule. Une belle fille comme toi. Et intelligente en plus, as-t-il ajouté. (Euh... si j'étais une moche moronne, ce serait plus acceptable? Bon, entécas... je sais bien, au fond, que c'est pas dit dans le but d'être méchant.)
Jean-Paul, je le connais par chiens interposés. Il a deux Terre-Neuve et pendant que nos chiens sympathisent, nous, on jase. De tout, de rien... souvent de chiens, mais de la vie humaine aussi. De politique à l'occasion. Des croyances ou de l'absence de, dans mon cas. Si nous partageons tous deux des affinités de libre-penseurs, je suis pour ma part une athée. Tandis que lui, se qualifierait plutôt d'agnostique. Et puis un jour on a parlé de relations. Tout près de vingt-cinq années de mariage dans son cas... et il n'en revenait pas que je sois seule depuis de si nombreuses années.
De là, donc, son exclamation sur l'infâmie de mon célibat.
Pas une minute on ne pense que si je suis seule, c'est parce que je le veux bien, hein.
Et là, je sais très bien qu'on aimerait bien que je m'explique. Que je donne une raison pour cette situation. Mais à quoi bon. Parce qu'on va inévitablement finir par me dire que je n'ai pas rencontré le bon gars. Et ça n'a rien à voir. J'en ai rencontré des tonnes de bons gars. J'ai même fait un bout de chemin avec certains. Mais ça ne m'intéresse pas nécessairement de vivre 20 ans avec la même personne. Ou même 10 ans. Et si on me permettait d'être vraiment franche, je dirais que 5 ans c'est bien assez. Et des fois, 6 mois, c'est en masse. Jusqu'à l'âge de 35 ans, je l'ai joué malgré tout la game d'être couple... mais franchement, c'était épuisant. Alors, j'essaie de garder ça simple maintenant. Un flirt lorsque c'est permis; une fréquentation occasionnelle parfois. C'est bien suffisant pour une fille comme moi pour qui l'état amoureux est quelque chose de complexe. Mais je sais très bien que pour certaines personnes, ça peut être facile à vivre.
Je vois ça un peu comme la religion. Il y a des croyants, mais il peut aussi y avoir des fanatiques, des passionnées... des sceptiques, des non pratiquants mais croyants. Bien sûr, il y a des incrédules aussi.
C'est un peu ça que j'ai expliqué à Jean-Paul. Je lui ai simplement dit que je serai toujours une agnostique de l'état amoureux.
Il a cillé plusieurs fois et réussi à retenir toutes les questions qui lui venaient à l'esprit, avant d'éclater de rire.
C'est un bon gars Jean-Paul. Je l'aime bien lui et ses deux chiens.

Commentaires
J'ai juste envie de te dire merci pour ces mots qui sont on ne peut plus clairs et simples. Moi aussi je déteste la norme pour la norme et je te comprends même si je suis pratiquante de l'état amoureux, ça n'empêche rien.
Si les gens arrêtaient de se demander pourquoi tout le monde n'est pas pareil (insécurité ?) et commençaient plutôt à apprécier la différence... On vivrait peut-être dans un monde meilleur ?
Enfin, on peut toujours rêver (et ça je sais faire).
:-)
La tolérance à la différence... Pas facile, dans une société. Aussi ouverte se dit-elle.
Dans mon milieu, l'homophobie est bannie. Au point que c'en est une norme. Et je me demande si les réactions que je vois à des comportements homophobes ne sont pas surtout une intolérence vis à vis d'une norme de tolérence?
Me semble qu'on devrait être homophobiephobe par conviction, pas pour être mouton...
Et lorsque je veux être hors norme et provoquer des regards horrifiés (ce que j'aime bien faire...), sans vexer personne, je n'ai qu'à dire... J'ai hâte à l'hiver! (ce que je pense sincèrement!!!)
Quand je pense que des grosses moches comme moé filent le parfait bonheur, enchaînée par les liens du mariage, depuis 10 ans !!! :o)
Bon, ok, mon homme ronfle comme un malade... Mais ça couvre le bruit de la climatisation !
@Lou : Depuis le temps, j'ai compris que les gens veulent surtout "mon bien"... et souvent, s'ils se désolent pour moi c'est qu'il me souhaitent d'avoir ce qu'ils ont. Sauf que bon... ça devient borderline condescendant comme attitude, héhé!
@ Scrogn : Raaaah làlà... qu'est-ce qui faut pas lire! tu es loin d'être moche! tsss!
Et puis un homme qui ronronne c'est pas déplaisant du tout... euh... occasionnellement ;)
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=149596&pid=5136906
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
