Apologies inutiles et petites lubies sans façon

Vie chronique

15 janvier 2008

Contours

Je somnole en lenteur, absorbée dans le confort qu'est devenue ma vie. J'ai tracé les pourtours de ce qui fait mon bonheur. Je découvre un parcours simple, un train de vie modeste. Des essentiels réducteurs. J'ai appris le détachement. Je n'accorde que peu d'importance aux regards posés sur moi. C'est surtout l'indifférence qui m'écorche encore. Car je n'ai pas tout maîtrisé ce qui permet de devenir parfaitement invisible. Mais j'ai laissé tomber nombre de combats inutiles. J'ai appris à ralentir. Je peux rire pour rien. Sans raison. Même quand je suis seule. Surtout parce que je suis seule.

Je sais aussi me réinventer quotidiennement.

À tout moment, en une fraction de seconde, tout peut changer.






Contastes




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09 septembre 2007

Essoufflée

Parfois, comme ça subitement, pendant quelques secondes, il me vient l'envie de tout arrêter. Arrêter la ronde des journées sans intérêt qui finissent par toutes se ressembler. Arrêter de courir après le temps qui file trop rapidement. Arrêter de me pomponner, de me maquiller et même, arrêter de me laver. Arrêter de me pousser à entretenir, à rassurer, à satisfaire. Arrêter de vouloir rester jeune. Arrêter la distance, le désenchantement.
Et arrêter d'être raisonnable.

Tout, arrêter tout.



Mais ça ne dure jamais longtemps.

Seulement quelques instants.

Ça passe en coup de vent, heureusement.



Puis je reprends mon souffle. Ma trajectoire. Mon orbite.


Prison





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02 septembre 2007

Blanc de nuit


Minuit la nuit. Heure du dernier pipi de toutou. Un point blanc, dans la fenêtre de la porte, contraste dans la noirceur et attire mon attention... un papillon de nuit tout blanc. Un coin d'aile froissée, endommagée. Main figée sur la poignée. Le papillon et moi, on s'observe mutuellement quelques instants pour noter l'étendue de nos contrastes. Je saisis le moment en photo.

Papillon blanc de nuit




Mais le chien manifeste de l'impatience et je lui ouvre la porte. Il disparaît dans les ténèbres de la cour tandis que je vais m'asseoir en haut de l'escalier pour l'attendre, soulagée de pouvoir tourner le dos à ce spectre. Et j'en profite pour bouder un peu en même temps. La métaphore pas très subtile du papillon fait dériver mes pensées dans le noir. Le bel emblème de mes envies qui battent de l'aile ces jours-ci. Oui oui, je le savais déjà, merci quand même.

Heureusement, je ne crois pas aux signes.

Mais bon, c'est peut-être ça le problème, justement.

Quand le chien revient, je n'ai plus le choix, je dois revenir sur mes pas et affronter de nouveau la vision qui me narguait. Mais, surprise, le papillon s'est envolé. Même avec un coin d'aile froissée.

Soulagement... même si je ne crois pas aux signes.




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08 juillet 2007

Trace dans le ciel

Dans la lenteur de mes pas, se distend une existence refoulée. J'avance sans urgence, je n'ai nulle part où aller et un trop-plein de remous à évacuer. Je me déleste tout en arpentant les rues de mon quartier. Beau temps, mauvais temps, je marche. Tous les jours. Toujours. Et le chien fait semblant de m'accompagner alors que c'est lui, au fond, qui dicte quand arrêter, quand repartir. Je le suis au bout de sa laisse qui est autant un lien qu'une attache.

Le temps est à l'orage, mais le soleil fait des coucous à travers le gris des nuages. Parfois, il fait pluie en même temps qu'il fait soleil. Drôle de temps. Drôle d'humeur. Tandis que le choix des rues empruntées se fait afin de contourner l'averse, je sème, tout au long de mon errance, quelques petites peines banales. Un gros chagrin est laissé à l'abandon sur l'asphalte. L'orage est tout de même évité. C'est l'éclaircie plus je franchis les intersections. Chaque enjambée me permet d'oublier, même si je n'avance plus qu'au ralenti.

Au loin apparaît la trace d'un pont dans le ciel.

Je ne suis pas perdue.




Pont dans le ciel




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26 juin 2007

Mur mûr



Mon horizon n'est plus qu'un contour de familier et d'usuel. Je me contiens dans son enclave sans heurt. J'existe dans le détail d'événements anodins; ponctuée par un quotidien que j'espère sans contrariété.



Au pied du mur


Il faut voir un peu plus haut, un peu plus loin...
Surtout, ne pas rester au pied du mur.




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17 juin 2007

Accalmie

La logorrhée s'est enfin tarie. Je renoue avec le calme même si j'ose à peine y croire. En franchissant cette frontière muette, mon parcours disloqué n'a plus son utilité. Je ne recherche plus l'évasion, la dispersion. Je vise le milieu; j'espère rester centrée.

Longues ombres



Je me fais encore beaucoup de reproches, mais je suis prête à oublier mes aberrations. Le contexte m'aura au moins fait perdre ce qui me restait de naïveté. Je ne devrais donc plus refaire ce genre d'erreur dorénavant.

Pollen



Mais je serai toujours en errance dans ma nature changeante. Et toujours en marge de m'égarer. Mes pas sont plus prudents. Je sais refuser le danger. Mais je me demande parfois si c'est vraiment prudent de vivre sans prendre de risques.



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10 février 2007

Perpendiculaire

Avec le stress, un brin de PMS, pas beaucoup de temps et beaucoup de pression dans le presto, j'avais un peu peur de ce que j'aurais pu écrire ici ces derniers jours. J'ai donc opté de briller par mon absence et me concentrer sur le boulot.

Or, c'est justement le boulot qui m'a secouée ces derniers temps. C'est quand même rare que par le biais de mon travail j'en vienne à ce genre de remise en question. Je peux parfois me demander pourquoi je fais encore ce métier après toutes années et qui me demande de gérer beaucoup de stress avec des moyens limités (je deviens insupportable)... mais il n'y a pas que des désagréments à ce boulot... disons plutôt qu'en filigrane, il y a une lassitude de la redondance que j'ai moi-même provoquée faute d'ambition.

Mais ce n'est pas tous les jours qu'un ami avec qui je travaille soit anéanti par le décès de sa compagne de vie...Et si toute l'équipe s'est serré les coudes pour arriver au bout du mandat... la victoire est douce amère et n'est pas sans laisser de séquelles. On est tous brûlé... en plus d'avoir été ébranlé moralement. Et devient encore plus apparent le ridicule de se rendre malade à bosser comme des fous...

Voilà que ressurgit l'envie de se délester une fois pour toutes de ce poison qu'est le stress. Le besoin de rétablir quelques priorités se fait sentir... de remettre de l'ordre dans ces grands thèmes obsédants.

Et je jongle de nouveau avec mes envies et mes capacités, mes notions de ce qu'est le vrai bonheur et les tiraillements de mes contradictions.

Sauf que je sais maintenant que le plus important est de ne pas avoir pour limite, l'enceinte de mes déceptions.
Car c'est au-delà de cette perpendiculaire que tout est possible.





Perpendiculaire




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28 janvier 2007

Substance

J'aimerais pouvoir laisser aller le superflu. Filtrer pour ne retenir que l'essentiel et me plonger dans sa densité. Vivre en concentré. Les années semblent m'avoir diluée; tout s'est mélangé. À un point tel que je ne sais plus très bien dans quel ordre placer ces trois grands thèmes récurrents qui nous habitent tous... l'amour, la vie et la mort.
Ou est-ce la mort d'abord?
Et finir en vie?
Quant à l'amour, je ne peux pas dire que dans mon cas, il passe en premier.

substance1



Je sais bien que les trois sont intrinsèquement liés. Qu'ils s'influencent mutuellement. Parfois l'amour prend une place plus importante et cela nous fait apprécier combien la vie est belle, précieuse. À d'autres moments, la vie est un long fleuve tranquille qu'on prend plaisir à naviguer... et alors qu'on se laisse aller, voilà un remous de trop, une vague égarée et tout se termine sans qu'on sache pourquoi. D'ailleurs, on dirait que c'est quand la mort rôde qu'on a plus intensément envie de vivre... non?


substance3




Mais dans la partie plus destroy de mon cerveau, ça conclue que pour certains, il n'y a pas d'ordre logique dans tout cela, mais plutôt un système anarchique qui passe tout au broyeur et nous le recracher en bouillie...

Après, on n'a plus qu'à se démerder pour faire du sens dans tout ça.

Hem...

Quelqu'un a un tamis?



substance4





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14 janvier 2007

Profondeur de surface

J'entretiens le culte de la légèreté. De l'apesanteur. Un besoin d'équilibre me pousse à me dépouiller de tout ce qui me retient. Je me leste d'amours trop lourds, probablement parce que je les attire autant que je les redoute. Ou les provoque. Alors j'opte de contourner tout mouvement d'émotions transies. Je ne me lie plus, mais je m'ouvre à plus grand. Mon coeur est libre parce que sans attache. Il erre un peu à cause de cela... mais il s'épanouit ainsi, aussi. Je n'ai sans doute pas été conçue avec ce petit quelque chose qui fait qu'on peut rester, se contenter, ne voir que l'autre une fois pour toute. Car tout chez moi est éphémère. Cela me définit tout autant que mes empreintes ou mon ADN. Mais c'est aussi ce qui fait que, pour certains, je séduis. Et je flirte encore avec la solitude qui est une amante jalouse. Elle est la seule, après tout, qu'on ne quitte jamais vraiment.






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02 décembre 2006

Aérée

Le souffle qui s'échappe entre les lèvres, un froissement d'air à peine perceptible, un murmure délicat contre l'oreille. C'est presque rien. À peine la consistance d'un soupir. C'est tout ce qui reste. Je suis devenue une fuite d'air. Un battement de cil.

Même en rassemblant toutes mes forces, je ne pourrais prononcer que quelques mots. Alors il faut bien les choisir. Les réfléchir avec ce qui me reste de raison. Ou de déraison. Peut-être en m'approchant un peu plus près seront-ils mieux perçus. Entendus. Parce que tout compte fait, il est totalement inutile de parler plus fort quand on se répète. Mais il serait facile de se laisser berner par cette proximité. La distance est, le plus souvent, interne. Comme on tente de tromper sa solitude à l'aide d'une présence et que c'est à l'intérieur de celle-ci qu'on s'isole. Elles sont nombreuses ces illusions...

J'apprécie suffisamment les subtilités du langage pour qu'on n'ait pas à me faire un dessin. Et moi, j'ai choisi d'user de plus de finesse dans mes propos. Je me suis trop souvent enragée dans le passé, ça n'a jamais rien donné d'autre que de coincer les mots dans ma gorge. Je préfère me transformer en brise sereine. Un frôlement de vent sur la peau. Des mots chuchotés en courant d'air. Une frêle caresse prononcée : Je dois te quitter.

Si on s'oppose, je pourrai alors me dissoudre.

M'évaporer.


2006_12_0891



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