Apologies inutiles et petites lubies sans façon

Vie chronique

09 mars 2008

Prescription de dérision

Il y a quelques mois, j'ai eu la pire migraine de vie. Et ce n'est pas peu dire étant donné que je me tape une migraine par mois. Alors j'ai profité de mon examen annuel chez le docteur Wong pour lui demander de me prescrire un petit quelque chose de bien fort pour me dépanner en cas de migraine sévère.

Docteur Wong : Vous n'aimeriez pas plutôt prendre une pilule par jour et prévenir les migraines?

Moi (intéressée) : Hein? ça existe ça?

Docteur Wong : Ben... oui.

Moi : Et c'est quoi cette pilule au juste?

Le docteur Wong s'agite un peu sur sa chaise et se gratte l'oreille. C'est toujours un peu inquiétant quand le docteur Wong se gratte l'oreille.

Docteur Wong : C'est comme un antidépresseur, genre.

Moi : Genre?

Docteur Wong : Mais si on le prend à petite dose tous les jours, ça peut prévenir les migraines.

Moi : C't'une joke ça, hein?

Docteur Wong : ...

Moi : J'ai fait tout le nécessaire toute ma vie pour éviter la prise d'antidépresseurs, même l'an passé quand j'ai fait un burnout et maintenant que je n'en ai plus besoin, vous me dites que pour ne plus avoir ces migraines qui minent mon exitence depuis 15 ans, je peux prendre un antidépresseur?

Docteur Wong : Ouan... genre.

Moi : Je pourrais pas plutôt prendre des hormones? Paraît que ça peut aider...

Docteur Wong : Oufff... dans votre cas, j'éviterais les hormones... On est déjà fragile de ce côté, hein (voyez comme il fait référence à mes SPM avec prudence!)... et puis il y a risque de thrombose ou d'embolie.

Moi : ...

Docteur Wong : C'est seulement le dixième de la dose...

Moi : ...

Docteur Wong : ...

Moi : Mais... est-ce que ça cause une dépendance?

Docteur Wong : Non...

Moi : Booon... d'accord... je vais essayer. Mais avouez que la vie est bien ironique avec moi.

Le docteur Wong a un rictus amusé alors qu'il rédige la prescription. Il me tend le bout de papier et me dit en haussant les trois poils de ses sourcils...

Docteur Wong : Si la vie n'était pas un peu ironique à l'occasion, ce serait tragique, non?

Moi : Pfff...

Oui, bon, je l'avoue, je faisais la gueule en sortant de chez le docteur Wong. J'ai même attendu un mois complet avant de commencer à prendre les médicaments... J'avais besoin de mûrir cette décision. La digérer aussi. J'ai finalement commencé la semaine passée. Je ne sais pas encore si ça aide pour les migraines, mais ces médicaments ont pour effet secondaire de me faire dormir. Je dors, je dors comme jamais je n'ai dormi.

Quand on pense que je fais habituellement de l'insomnie à cette période de l'année... c'est tragiquement ironique.

...

Pfff!


Posté par Apinpelusafac à 14:46 - Pseudo-fiction - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2007

Ping pong avec le Docteur Wong

Je suis allée voir mon docteur de famille. Le docteur Wong. Il est, disons, spécial le docteur Wong. Différent. Je l'aime bien... même s'il a une façon de faire qui n'est pas toujours évidente.

Docteur Wong : Alors, pourquoi venez-vous me voir?
Moi : Je fais de l'insomnie...
Docteur Wong : C'est pas bon ça.
Moi : ...
Il retire sa cravate stéthoscope, m'ausculte.
Docteur Wong : Inspirez.
(J'inspire)
Docteur Wong : Depuis quand l'insomnie? Inspirez encore.
(J'inspire encore et un doute s'insinue quant à la place restante dans mes poumons)
Moi : Deux... trois mois... (Retiens mon souffle)
Docteur Wong : Hum. C'est vraiment pas bon ça.
Moi : ...gnnn...
Docteur Wong : Qu'est-ce qui vous préoccupe? Expirez.
(J'expire avec un bruit de ballon qui se dégonfle)
Moi : Hem... ben... euh... je sais pas...
Docteur Wong : Vous êtes sûre? Inspirez plus fort.
(Je me remplis d'air en hocquetant)
Docteur Wong : Et le boulot... ça va? Expirez.
(Je retiens mon souffle)
Moi : Gngl...
Docteur Wong : Et les amours? Vous pouvez expirer...
Moi (toujours en apnée) : Gdbll...
Docteur Wong : Et la vie en général? EXPIREZ!!!

Ce que j'ai fait, on ne peut pas vraiment appeler ça expirer. Je me suis complètement vidée à la fois de l'air, mais aussi de toute l'eau, la sueur et de ce qui se trouve d'innomable entre les deux, apparenté aux muqueuses et aux expectorations que peut produire le corps humain.

Le docteur Wong, selon son habitude, est resté stoïque. Son regard est allé vers une boîte de papier mouchoir. J'en ai pris un comme on attrape une bouée. Et je me suis racontée, du mieux que j'ai pu, au Docteur Wong.


Docteur Wong : Bon. Très bien. Vous avez une allergie.
Moi (reniflante) : Euh?
Docteur Wong : Oui, vous êtes allergique au stress.
Moi : ...
Docteur Wong : Ou une hypersensibilité à la pression, si vous préférez.

Et voilà tu pas qu'il pointe vers moi un doigt soupçonneux, quasi accusateur...

Docteur Wong : Vous faites un burnout.
Moi : Mais non!
Docteur Wong : Si si.
Moi : Vous ne voulez pas plutôt dire une dépression saisonnière?
Docteur Wong : Non. C'est un burnout.
Moi : Sûr?
Docteur Wong : Sûr sûr.
Moi : Fuck!
Docteur Wong : Comme vous dites.
Moi (avec une toute petite voix) : Je... je fais quoi maintenant?
Docteur Wong : Il faut diminuer le stress...
Moi : ...
Docteur Wong : et comprendre ce mal de vivre qu'il provoque...
Moi : ...
Docteur Wong : et un amant occasionnel ça ne ferait pas de tort.
Moi : ...
Docteur Wong : Sinon, il y a les petites pilules.

(Maman, depuis plus de 15 ans, sur le Prozac et les calmants... incapable d'arrêter. Et il le sait très bien, le Docteur Wong).

Moi : Je vais prendre un genre de congé de maladie auprès de mes clients trop stressants.
Docteur Wong : ...
Moi : ...
Docteur Wong : ... (Les trois poils qui lui servent de sourcil insistent)
Moi : Hem... et en ayant plus de temps, je vais pouvoir réfléchir à ce mal dont vous parlez.
Docteur Wong : Mal de vivre.
Moi : Ouan.
Docteur Wong : Ouan.
Moi : Pour le reste... on verra.
(Frétillement amusé des trois poils)
Moi : Vous vous foutez de ma gueule hein?
Docteur Wong : Mais non. Je fais tout pour ne pas avoir à vous prescrire des petites pilules.
(J'acquiesce en me mouchant une dernière fois).
Docteur Wong : Mais on va quand même faire une prise de sang (Il sort une feuille du tiroir de son bureau et se met à cocher frénétiquement diverses cases dans deux colonnes). Revenez me voir après la semaine prochaine (il gribouille sur un petit bloc-note et me tend un autre bout de papier). On avisera selon votre évolution.

Il est déjà debout, m'accompagne à la porte qui semble s'être ouverte toute seule et je me retrouve dans la salle d'attente; le doc a déjà disparu derrière la porte refermée.

Coup d'oeil au bout papier. C'est un feuillet de prescription...

Il a écrit de sa calligraphie presque illisible de médecin :

Dormir profondément 8 heures, 1 X nuit.
Ralentir durant les 7 prochains jours.

Et dessous, un gribouillis indéchiffrable

...................................................................
Post-it mental : la prochaine fois, de lui demander ce que signifie ce gribouillis...


Posté par Apinpelusafac à 23:53 - Pseudo-fiction - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1