11 août 2007
Clair-obscur
J'imagine très bien qu'on puisse dire ces derniers temps en me voyant, que l'étincelle est disparue. Ce n'est pas faux. Je ne sais pas si l'âge y est vraiment pour quelque chose... à part peut-être un lien avec l'expérience acquise qui a modifié ma perception des choses. Mes envies aussi. Je ne frétille plus comme avant à la vue d'un homme. Les jeux de séduction ont un arrière-goût de complications maintenant. Soit trop alambiqués ou trop ambigus. Et très rarement sont-ils empreints de cette subtilité qui me ravit.
Je ne sais plus comment me situer face aux étouffants d'amour ou aux culbuteurs indifférents. On dirait qu'il n'existe pas de place entre les deux. En tout cas, moi, je n'ai pas trouvé ces lieux. Alors, j'ai tamisé mon étincelle plutôt que de chercher à séduire des inconnus. Et j'ai finalement arrêté de chercher dans le regard des autres, ce qui ne s'illuminait pas.

19 juillet 2007
Inconnu mais pas étranger
Son regard lui avait échappé... il fixait mes jambes, l'air absent. De toute évidence, lui, il n'était plus vraiment là. Parti dans son imaginaire. Puis sa tête s'est penchée un peu de côté. Ses yeux sont remontés le long de mon corps, lentement.
Je me suis souvent demandé par la suite ce qu'il avait bien pu imaginer ce soir-là où je l'ai surpris à me détailler. J'espère au moins que c'était dépravé. Ou un brin cochon, au minimum. Tant qu'à faire. Des secondes se sont écoulées et je l'observais m'examiner. Remonter encore un peu plus haut, tout doucement.
Et nos regards se sont croisés.
Il y a eu comme un étrange effet de succion. Un vide s'est créé autour de nous. Le bruit, les gens ont disparus. Le temps s'est certainement figé pendant quelques nanosecondes. Flash. Je nous ai vu, lui et moi, dans toutes sortes de positions parentes à la lutte gréco-romaine, en sueur, très légèrement vêtus. Puis il a cligné des yeux. Nos regards se sont brutalement arrachés l'un à l'autre. Vertige de l'exit précipité de mon fantasme...
Je suis pas mal certaine d'avoir aperçu une teinte de rouge sur ses joues par la suite. Et moi, probablement que j'ai très légèrement souri. Mais j'ai regardé ailleurs pour ne pas voir sa gêne. Et sa fuite.
Ça fait un certain temps de ça; on a changé de saison depuis.
Mais j'y pense encore parfois.

01 septembre 2006
Crépuscule
Le temps est devenu fluide. Parce que l'espoir n'est plus parlant, je n'ai d'autre choix que de me tourner vers l'inconnu. Je me perds dans la fuite pour tromper l'incertitude. Je crée l'absence pour me remplir de vide. Je soigne une maladie chronique des sentiments pour qu'ailleurs je n'existe pas.
Tout ce qui m'importe se trouve ici, maintenant.

Vivre, aimer, mourir.
Recommencer.
Le combat est perpétuel.
Et demain, le soleil se lèvera.
